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November 25 Le pays de fleurChapitre 1 Le pays où je vous emmène se trouve dans le petit recoin secret de mon imagination. Alice devait dormir afin de pouvoir partir au pays des merveilles, moi je pars pour mon pays magique à toute heure. Ce royaume est en moi, c’est la caverne d’Ali Baba des sentiments, c’est mon Eden, c’est vers lui que je m’évade et que je me ressource. Dans ce jardin secret je me promène afin d’oublier la dure réalité de la vie. Voulez vous venir avec moi ? Venez, approchez et fermez vos jolis yeux. On part pour le pays magique de Fleur.
Dans les profondeurs de la terre, au cœur d’un volcan se trouve un étrange pays. Il est si bien caché que nul ne l’a jamais vu .Comment vous faire découvrir ses couleurs chaudes et rayonnantes, les rouges, les jaunes et les oranges se mêlent et tout là haut, très haut le bleu du ciel qu’on distingue à peine. Et puis toutes les senteurs douces et épicées, musc, patchouli nous enivrent. Je cherchais à m’éloigner de mon univers de terreur lorsque le hasard me fit découvrir ce monde souterrain. Une légende ancestrale battait la campagne, elle racontait qu’une grotte, située au sommet du Puy Chalard avait des pouvoirs magiques, qu’il suffisait de pénétrer à l’intérieur de celle-ci pour être transportée dans un espace plein de rêves et d’amour. Je me rendis donc sur le Puy Chalard afin de vérifier ces rumeurs. Ma déception fut grande quand arrivée au sommet, je m’aperçu qu’il n’y avait aucune grotte. J’étais désenchantée et désabusée. Je marchais de long en large ne sachant plus où aller lorsque mon pieds glissa. Et en quelques secondes, je me vis emportée dans une chute vertigineuse qui me fit descendre à quelques centaines de mètres plus bas au fond dune crevasse. Il me fallut un certain temps pour comprendre ce qu’il venait de se produire .J’étais recouverte de griffures et un peu abasourdie par le choc. Quand enfin je me remis de mes émotions, je pris conscience de ce qui m’entourait et mon étonnement fut à son paroxysme. Je venais de découvrir le surprenant monde du volcan. A mes pieds se déroulait un petit sentier qui était posé là comme une invitation à aller plus avant dans ce décor. A ma droite, un lac de lave prodiguait sa chaleur et éclairait le lieu d’une lumière pourpre. A ma gauche, un verger où les arbres biscornus, aux troncs noirs et aux feuillages couleurs de l’automne, portaient une multitude de fruits bleus .J’avançais donc délicatement prenant garde de ne pas déranger ce monde si délicat et si fragile. J’étais émerveillée et émue. Au bout du chemin, au milieu d’une clairière apparût un petit hameau. Il était composé d’une dizaine de maisons en pierre et aux toitures de lauzes. Seule une d’entre elles, au fond du village était d’une couleur pastel, un dégradé de bleu et de mauve posée sur le gris de la pierre et à travers les ouvertures des fenêtres on voyait jaillir une lumière qui réchauffait le cœur des âmes en peine. Curieuse je m’approchais à pas feutrés et je poussais la petite porte turquoise. La maison abritait une seule pièce dont l’atmosphère douceâtre m’envahit. Un lit qu’une couverture bleue et volantée recouvraient et sur lequel était posé un édredon gonflait par les plumes qui le garnissaient, longeait le mur. A sa suite, un paravent de soie bleuet cachait une baignoire, objet insolite aux pieds dorés en forme de pattes de tigres nous laissant croire qu’elle pouvait partir en ballade dans la jungle. Au centre de la pièce, une table en verre à l’ossature recouverte de feuilles d’or qui brillait de milles feux et donc le pourtour était meublé de quatre chaises tapissées de tissu velouté marine. Et face à moi, une immense fenêtre encadrait par de lourds rideaux, devant laquelle une jeune fille coiffait sa longue chevelure. De sa frêle main elle tenait un peigne en corne blanche qu’elle faisait glisser de haut en bas dans ses cheveux noirs et brillants. Une robe de fine soie blanche laissait se dessiner les formes harmonieuses de cette créature de rêve .Comme elle relevait la tête dans ma direction, je pus contempler son visage d’une beauté sans pareil. De grands yeux sombres, cernés d’un maquillage qui rendait son regard hypnotique, un petit nez coquin et des lèvres peintes d’un crayon carmin nous faisait penser à une toile de maître représentant la beauté et la perfection. Le souffle coupé devant tant de grâce, je restais là, sans réaction, quand soudain je m’aperçu que la lumière que j’avais vu de l’extérieur émanait de cette jeune femme. De peur que la magie du lieu disparaisse je m’apprêtais à ressortir sans bruit lorsque j’entendis : -« Voulez-vous une tasse de lait au miel ? » -« Veuillez m’excuser » balbutiais-je « Je ne voulais pas être importune ». -« Vous ne l’êtes pas, je vous attendais ». Imaginez ma surprise d’être attendu dans ce monde inconnu qui me semblait irréel. Je pensais que j’allais me réveiller et que tout s’évanouirait. Pourtant j’acceptais l’invitation et je m’installais pour consommer une tasse de lait au miel dont le parfum s’était répandu dans la pièce. Pendant que je dégustai la boisson chaude et sucrée, la jeune femme se présenta. Elle s’appelait « Fleur » et vivait depuis quinze ans dans le hameau au cœur du volcan. Sa famille l’avait conduite dans ce lieu à l’age de trois ans afin de la protéger du monde extérieur. Fleur avait un don unique, elle avait la possibilité de rendre heureuse toute personne qui l’approchait. Les hommes auraient fait commerce de ce don, alors bien à l’abri dans le ventre de la terre elle comblait de bonheur tous les habitants du village. Tous la respectaient et l’aimaient . Cependant malgré le bien être du lieu dans lequel elle vivait, elle ressentait une tristesse intense, le sentiment d’être différente etd e n’être pas comprise. Ce royaume si extraordinaire soit-il n’était pas le sien. Et tout au fond de son être, elle savait qu’il lui fallait rechercher ses racines. Un besoin irrésistible de retrouver son identité perdue s’imposait à elle. Puis elle se souvenait des paroles de sa mère : -« Un jour tu retourneras vers le monde extérieur, le monde du gris et tu aideras un prince C’était pour cette raison qu’elle m’attendait, elle voulait que je l’aide à trouver le chemin qui mène au monde de l’extérieur. Durant quelques semaines je vécu dans ce paradis, profitant de l’accueil des villageois et de l’effet que produisait sur moi le don précieux de Fleur .Je n’avais pas envie de repartir, j’étais si bien cachée dans ce volcan, j’étais sereine et je savais ce que nous allions trouver dans l’autre monde. Malgré tout je lui promis de la guider sur le petit sentier en spirale qui conduisait au sommet du cratère. . Un matin, Fleur me regarda et dit : -« C’est l’heure ! » Quand nous sortîmes les habitants du hameau étaient réunis sur le seuil de la maison. Ces êtres n’étaient pas semblables à nous, leurs visages ronds rayonnaient de bonheur et un éternel sourire avait agrandi leurs yeux et leurs bouches. Leur peau de la teinte du zest d’une orange sanguine et leurs cheveux d’un noir intense leur donnaient un air aimable. La nature les avait dotés de ce physique pour qu’ils se confondent avec la lave du volcan et qu’ils soient à l’abri des regards. -« Tu parts ? » Demanda leur chef. -« Oui » Dit-elle «Vous le saviez que ce jour devait arriver. Mais n’ayez aucune inquiétude votre village sera à jamais protégé par ma magie, c’est mon offrande pour vous remercier de votre accueil et de votre amour. Vous allez me manquer mais je dois partir, ainsi est mon destin ». Après des accolades chaleureuses nous nous mîmes en route sous les regards embués de larmes des habitants du Volcan........ |
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